Hautmont - Notre Dame de l'Assomption

Entre 1866 et 1870 se construit la nouvelle église d’Hautmont sur le site de l’ancienne église paroissiale du 16ème siècle. Hautmont possèderait les reliques d’un pape martyr : Saint-Marcel (308 – 309), dont la fête a lieu le 16 janvier.

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L’ÉGLISE NÉO-GOTHIQUE NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION REFLÈTE LA TENDANCE ARCHITECTURALE EN VOGUE AU 19ÈME SIÈCLE

Entre 1866 et 1870 se construit la nouvelle église d’Hautmont sur le site de l’ancienne église paroissiale du 16ème siècle. Il s’agit d’une église néo-gothique reflétant ainsi l’une des grandes tendances architecturales du 19ème siècle. C’est l’architecte Jules Fiévet qui est chargé de sa construction. Des travaux de restauration furent entrepris après la première guerre mondiale, en 1924 puis en 1947. L’église présente un plan traditionnel en croix latine avec un porche, une nef avec deux bas-côtés, deux transepts, un choeur et des chapelles rayonnantes. Sa façade tripartite offre une verticalité accrue par le clocher en façade et les contreforts. Outre son architecture néo- gothique, l’église d’Hautmont se distingue également par ses vitraux. En effet, les premiers vitraux néo-gothiques sont commandés au maître-verrier Durieux en 1876, tout d’abord dans la nef puis dans les quatre baies des chapelles. Ce sont huit sujets représentés et dont il subsiste uniquement aujourd’hui la figure de Saint-Marcel, des deux sacrés Coeurs, du Christ et enfin celle de Marguerite-Marie Alacoque. Suite aux dommages successifs des deux guerres mondiales, des restauration sont été rendus nécessaires sur les vitraux. Aussi, en 1961 et en 1965, de nouveaux vitraux sont installés dans respectivement le choeur de l’église puis dans les collatéraux. Il s’agit de vitraux dont on pourrait qualifier le style de contemporain. En effet ces derniers illustrent le goût de l’époque pour la représentation abstraite et plus particulièrement au sein des édifices religieux nouvellement construits. En 2005, ce sont les vitraux de la nef et du transept qui sont remplacés sous les mains des maîtres-verriers Michel Mauret, puis Charles-Henri Billerey qui privilégient les motifs d’entrelacs, la simplicité et la clarté des couleurs. Enfin, c’est le patrimoine mobilier exceptionnel de l’église qu’il convient de remarquer depuis l’autel Saint-Marcel et sa châsse jusqu’aux fonts baptismaux romans du 12ème siècle dans lesquels nous apercevons taillés en relief un cheval et un félin, un félin et un griffon, deux dragons, un sagittaire et un griffon s’affrontant.

La ville est dépositaire d’une œuvre inscrite sur les inventaires du Fonds national d’art contemporain

Une peinture sur toile intitulée « L’Assomption de la Vierge » datant de 1876, réalisée par Maxime Dastugue, d’après un tableau de Pierre-Paul Prudh’on, actuellement conservé au Louvre, a été prêté à la ville d’Hautmont par l’Etat. Ce tableau est de style Académique ou style dit « Pompier ». Les représentations de la Vierge de cette manière avaient le « vent en poupe » à cette époque car c’est également dans le courant du XIXe siècle que beaucoup d’apparitions de la Vierge auraient été rapportées. Le dépôt a été réalisé en 1877.

Le carillon  de l’église d’Hautmont

Dans la région, nous sommes habitués aux beffrois et leurs carillons, ces derniers ayant été mis à l’honneur, il y a quelques années, par le film « Bienvenue chez les Ch’tis ». Symbole de la puissance des communes au Moyen-Age, le beffroi permettait également de prévenir la population en cas d’invasion. Ses cloches sonnaient le début et la fin de la journée de travail. Un carillon est composé d’un ensemble de cloches. Celui-ci, qui alertait nos ancêtres en cas de problèmes, a un rôle plus social aujourd’hui. Il informe, donne les repères du temps de manière beaucoup plus détaillée.

A Hautmont, le carillon extérieur se trouve en haut de l’église. Il se compose de 14 cloches. Les 8 premières furent installées en 1997. Composées à 78 % de cuivre et 22 % d’étain, la plus grosse des cloches pèse environ 145 kg contre 20 kg pour la plus petite.

Elles portent respectivement les noms de WILMOTTE Joël, l’Abbé HENAUT (ancien abbé), DEVINS Daniel, DUCHATEAU André (organiste), FRANCOIS Marie Madeleine (ancienne conseillère municipale), DEREPPE Odette (veuve du Colonel de gendarmerie Dereppe), MINEUR Nicole (ancienne conseillère municipale) et BARTOZIK Marie Agnès (veuve d’un ancien membre du conseil municipal). Ces personnes en sont les parrains et marraines. Il s’agit d’une tradition. En 1998, 6 cloches supplémentaires furent installées au carillon. Elles permettent alors de réajuster et harmoniser les mélodies du carillon.

 

LA CHASSE DE SAINT MARCEL 

Hautmont possèderait les reliques d’un pape martyr : Saint-Marcel (308 – 309), dont la fête a lieu le 16 janvier.  Ses reliques sont protégées dans une belle châsse de style néo-gothique. Cette châsse est en bois doré en forme d’église gothique, avec des clochetons tout autour ; sur l’un des côtés longitudinaux, on trouve un médaillon au centre avec une représentation du martyre du Saint : Saint-Marcel, agenouillé, à peine vêtu et les mains liées, est battu par deux individus.

saint_marcel saint_marcel   LE PAPE SAINT MARCEL 1er

Romain d'origine, Marcel fut choisi le 21 mai 308, pour succéder à saint Marcellin, martyrisé deux mois auparavant. (Il siégea sous le règne de Maxence, cinq ans, six mois et vingt-et-un jours.)

Devenu Pape, saint Marcel n'oublia point les exemples de vertus et de courage de son prédécesseur. Il obtint d'une pieuse matrone nommée Priscille, un endroit favorable pour y rétablir les catacombes nouvelles, et pour pouvoir y célébrer les divins mystères à l'abri des profanations des païens. Les vingt-cinq titres de la ville de Rome furent érigés en autant de paroisses distinctes, afin que les secours de la religion fussent plus facilement distribués aux fidèles. A la faveur d'une trève dans la persécution, Marcel s'efforça de rétablir la discipline que les troubles précédents avaient altérée. Sa juste sévérité pour les chrétiens qui avaient apostasié durant la persécution lui attira beaucoup de difficultés.

L'Église subissait alors la plus violente des dix persécutions. Dioclétien venait d'abdiquer en 305, après avoir divisé ses États en quatre parties, dont chacune avait à sa tête un César. Maxence, devenu César de Rome en 306, ne pouvait épargner le chef de l'Église universelle. L'activité du Saint Pontife pour la réorganisation du culte sacré au milieu de la persécution qui partout faisait rage, était aux yeux du cruel persécuteur, un grief de plus.

Maxence le fit arrêter par ses soldats et comparaître à son tribunal, où il lui ordonna de renoncer à sa charge et de sacrifier aux idoles. Mais ce fut en vain: saint Marcel répondit hardiment qu'il ne pouvait désister un poste où Dieu Lui-même l'avait placé et que la foi lui était plus chère que la vie. Le tyran, exaspéré par la résistance du Saint à ses promesses comme à ses menaces, le fit flageller cruellement. Il ne le condamna point pourtant à la mort; pour humilier davantage l'Église et les fidèles, il l'astreignit à servir comme esclave dans les écuries impériales.

Le Pontife passa de longs jours dans cette dure captivité, ne cessant dans la prière et le jeûne, d'implorer la miséricorde du Seigneur. Après neuf mois de détention, les clercs de Rome qui avaient négocié secrètement son rachat avec les officiers subalternes, vinrent pendant la nuit et le délivrèrent. Une pieuse chrétienne nommée Lucine, qui depuis dix-neuf ans avait persévéré dans la viduité, donna asile au Pontife. Sa maison devint dès lors un titre paroissial de Rome, sous le nom de Marcel, où les fidèles se réunissaient en secret.

Maxence en fut informé, fit de nouveau arrêter Marcel, et le condamna une seconde fois à servir comme palefrenier dans un haras établi sur l'emplacement même de l'église. Saint Marcel, Pape, mourut au milieu de ces vils animaux, à peine vêtu d'un cilice. La bienheureuse Lucine l'ensevelit dans la catacombe de Priscille, sur la voie Salaria. Les reliques de ce Souverain Pontife reposent dans l'ancienne église de son nom, illustrée par son martyre. Il fut le dernier des Papes persécutés par le paganisme.

Abbeville F. Paillart, édition 1900, p. 16-17

Article publié par • Publié le Mardi 17 mai 2005 • 4681 visites

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